Accueil » Simulation Thermique Dynamique (STD) confort d’été – Mairie de Breteuil (60)

Simulation Thermique Dynamique (STD) confort d’été – Mairie de Breteuil (60)

Mairie de Breteuil (60) : faire retomber la chaleur avant d’acheter de la climatisation

Le point de départ : des bureaux difficiles à vivre en été

La mairie de Breteuil est un bâtiment en pierre de deux étages, dont la façade principale, orientée plein sud, est exposée au soleil une grande partie de la journée. Sans volets ni protections solaires extérieures, le bâtiment est agréable au printemps, mais certains bureaux deviennent difficiles à occuper en période estivale.

La commune ne nous a pas sollicités pour installer une climatisation, mais pour répondre à une question simple : comment maintenir de bonnes conditions de travail dans les bureaux lorsqu’il fait très chaud ?

D’abord mesurer, plutôt que supposer

Nous avons commencé par instrumenter le bâtiment. Pendant une semaine, des capteurs ont mesuré les conditions réelles dans le bureau le plus exposé et à l’accueil.

Le constat : 28 °C en moyenne pendant les heures de travail, avec des pointes supérieures à 31 °C. En revanche, la qualité de l’air intérieur ne présentait pas de problème particulier. La ventilation n’était donc pas à l’origine de l’inconfort, ce qui permettait déjà d’écarter une intervention inutile.

Nous avons ensuite créé un modèle numérique du bâtiment intégrant ses murs, ses fenêtres, ses horaires d’occupation ainsi que les apports de chaleur liés aux équipements : ordinateurs, imprimante, machine à café, etc.

Ce modèle a été soumis à un scénario de canicule, avec une température extérieure atteignant 42 °C. L’objectif n’était pas de vérifier le comportement de la mairie pendant un été moyen, mais d’évaluer sa capacité à rester utilisable lors des épisodes de chaleur auxquels elle devra de plus en plus souvent faire face.

La simulation identifie clairement l’origine du problème

Sans intervention, la température intérieure peut atteindre 37 °C. Les bureaux cumulent près de 400 heures par saison au-dessus de 28 °C, soit un peu plus d’une journée de travail sur huit passée dans des conditions d’inconfort.

La simulation permet surtout d’identifier précisément l’origine des surchauffes. Dans la salle des mariages, plus de 60 % des apports de chaleur proviennent des vitrages. Dans les bureaux, cette part atteint environ 40 %.

Le principal problème vient donc du rayonnement solaire traversant les fenêtres, et non des murs du bâtiment. Cette conclusion pouvait sembler intuitive, mais elle devait être objectivée avant d’engager de l’argent public.

Cinq solutions évaluées séparément

Nous avons étudié cinq actions, chacune évaluée selon son coût et son effet réel sur le confort d’été. L’objectif : permettre à la commune d’identifier les interventions les plus efficaces, plutôt que de proposer un bouquet de travaux indivisible.

Le résultat le plus significatif concerne les volets pilotés automatiquement. Pour un investissement estimé à 15 000 , ils permettent à eux seuls de supprimer l’essentiel de l’inconfort.

À l’inverse, la végétalisation de la façade, estimée à 35 000 , présentait un bénéfice trop limité au regard de son coût et de ses contraintes d’entretien. Elle a donc été écartée. Le rôle d’un bureau d’études est aussi d’identifier les solutions qui ne sont pas pertinentes.

Les brasseurs d’air, en revanche, ont été retenus. Ils ne réduisent pas directement la température de la pièce, mais le mouvement d’air améliore sensiblement le confort ressenti. Une pièce à 29 °C peut ainsi devenir beaucoup plus supportable.

C’est une distinction importante : améliorer le confort ne signifie pas nécessairement faire baisser la température affichée sur le thermomètre.

Le programme retenu : 69 600 TTC

La solution finalement retenue combine volets pilotés, ventilation nocturne renforcée, brasseurs d’air, arbres et jardinières autour du bâtiment, pour un montant total de 69 600 TTC.

Les résultats obtenus par simulation sont significatifs :

  • la température maximale passe de 37 °C à 32 °C ;
  • le temps passé en situation d’inconfort est divisé par plus de trois et repasse sous le seuil fixé pour l’étude ;
  • le bâtiment reste utilisable en été sans recours systématique à la climatisation.

Un autre bénéfice est moins visible, mais particulièrement important à long terme : le besoin en froid du bâtiment diminue de plus d’un tiers.

Si la commune décide un jour d’installer un système de climatisation, elle pourra donc dimensionner un équipement plus petit, moins coûteux à l’achat et moins consommateur d’électricité pendant toute sa durée de fonctionnement.

Ce besoin futur a également été chiffré afin que le conseil municipal puisse arbitrer en connaissance de cause.

Notre méthode : le passif d’abord, les équipements ensuite

Notre approche consiste à réduire les besoins du bâtiment avant de dimensionner les équipements techniques.

Installer immédiatement une climatisation sans traiter les causes de la surchauffe conduit à payer deux fois : d’abord pour acheter un équipement plus puissant que nécessaire, puis pendant des années pour consommer l’électricité nécessaire à compenser des apports de chaleur qui auraient pu être évités.

Protections solaires, ventilation nocturne, mouvement d’air ou végétation peuvent réduire fortement les besoins. La climatisation, lorsqu’elle reste nécessaire, intervient ensuite et peut être dimensionnée au plus juste.

Cette démarche s’inscrit directement dans les objectifs du 3 Plan national dadaptation au changement climatique (PNACC 3), publié en mars 2025, qui vise notamment à préparer les bâtiments et les collectivités aux conséquences d’une France plus chaude.

Vous gérez des bâtiments publics ?

Treenergy accompagne les collectivités, bailleurs sociaux et entreprises dans l’amélioration du confort d’été et l’adaptation de leur patrimoine au changement climatique.

Mesurer, simuler, comparer les solutions et prioriser les investissements : parlons de vos bâtiments.

Nos dernières réalisations